La vie à vélo

Pourquoi j’ai lâché la voiture

A 40 ans, je m’achetais une nouvelle voiture. Parce qu’à 40 ans, on a réussi dans la vie, alors on s’achète une nouvelle voiture. 1 an (et une crise de la quarantaine) plus tard, j’abandonnais le confort feutré de ma voiture pour ne rouler qu’à vélo. Deux ans plus tard je quittais le confort rassurant d’un boulot suffocant. Voici mon histoire, l’histoire d’une libération.

Au commencement était la souffrance

Tout a commencé par une cassure. Malheureusement, la résistance naturelle au changement nécessite parfois une cassure pour nous permettre d’évoluer. Dans mon cas ce fut une maladie de l’oreille interne dont les symptômes sont la surdité, les acouphènes et la perte d’équilibre. Cette maladie a alimenté un état de stresse, déjà généré par mon mode de vie. La maladie n’a pas vraiment de traitement miracle. Une des solutions est la pratique de la méditation et le sport pour évacuer le stresse. Lorsque que j’ai eu l’occasion de me pencher sur les raisons profondes de mon mal être, j’ai réalisé que je m’étais égaré en chemin. Les rêves du gamin que j’étais, n’était finalement pas les miens, mais des modèles suggérés (imposés) par une société de consommation conformiste. Une femme, des enfants, un métier stable, une maison, une voiture.. voilà les signes du bonheur qui devaient me faire courir. Et pour courir, je courais. Comme une petite fourmis. La maladie fut une formidable opportunité de dire STOP! Après quoi cours-tu Guillaume? C’est alors que j’ai pris conscience que je galopais pour de mauvaises raisons. 

J’avais besoin de sens dans ma vie, j’avais besoin de vivre ailleurs que sur les rails du bonheur en boîte de supermarché.

J’avais besoin de donner un autre sens à ma vie. A l’approche de la quarantaine, je me suis débarrassé de ma petite voiture pour une plus grosse. J’avais un emploi de cadre, nommé, il me fallait une voiture qui reflète davantage mon statut. Quelle bêtise! J’ai donc commencé par là, une métamorphose nécessaire et sans le savoir, cette décision allait être déterminante. J’ai fait mes calcul et je me suis rendu compte que je travaillais un jour par semaine pour payer cette voiture. Cela n’avait aucun sens, car le temps était ce dont j’avais le plus besoin pour caser le sport et la méditation préconisée par les médecins dans mon agenda. J’ai donc décidé de faire une pierre deux coups, aller travailler à vélo, me débarrasser de la voiture et grâce aux économies faites, récupérer un jour de vie par semaine. Le choix du vélo fut donc pour moi, d’abord un calcul économique, et une prescription médicale.

L’épiphanie à deux roues

Et ce fut la révélation. Je devrais plutôt écrire, plusieurs révélations. Certes je faisais des économies, mais je me suis rendu compte aussi à quel point le vélo, et plus particulièrement le vélo électrique, me faisait gagner du temps et diminuait mon stresse. Je gagnais du temps car je limitais le caractère aléatoire de la circulation en voiture. Pas de bouchons, pas d’accident, pour me ralentir. Je sais que mon trajet fait 30 minutes et il fera toujours 30 minutes (sauf bien entendu si je crève un pneu, mais c’est une autre histoire et d’ailleurs, je vous expliquerai plus tard comment procéder quand ça arrive avec comme conseil numéro 1: DO NOT PANIC). Une seconde prise de conscience fut le bien être ressenti avec le contact des éléments.

Ce que je redoutais en abandonnant la voiture, était la perte de confort. Finalement, c’était cette perte qui me procurait le plus de plaisir.

Je veux dire par là que dans une voiture, dans une cuisine, dans un bureau, derrière des vitres ou devant des écrans, je me coupais de l’expérience du monde. Quel plaisir de ressentir les saisons. Les bourrasques et la pluie automnale qui fouette le visage. Le froid hivernal qui transperce les membres et pique les joue. Les senteurs du réveil printanier. La tiédeur des soirée estivale. Mes trajets quotidiens devenaient de minuscules aventures, des expériences à chaque fois différentes et renouvelées.

Aventure en vélo électrique
Mes premiers Kilomètres avec Hoppy (mon e bike)

Au fur et à mesure que j’avalais des kilomètres, j’étais de plus en plus convaincu que j’avais fait le bon choix. Je me sentais mieux et, si j’avais encore des acouphènes, je n’avais plus de pertes d’équilibre. A mes yeux, c’était une victoire importante. J’ai acquis par la suite un vélo électrique (Hoppy, que je vous présente ici), car je voulais pouvoir faire des distances plus grandes, dans n’importe qu’elle condition climatique et, parce que dans ma tête je n’étais pas un cycliste.

Voilà pourquoi j’ai lâché la voiture.

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